Un rapport scientifique de 120 pages, publié en 2021 par l'Institut national de la consommation (INC), prouverait que le Nutri-Score favorise systématiquement les produits transformés des grands groupes. Selon les documents partagés sur Facebook, Danone et Nestlé auraient influencé les algorithmes pour obtenir des notes A ou B sur des céréales sucrées et des plats préparés.
L'algorithme du Nutri-Score a été ajusté en 2019 pour attribuer des notes A ou B à des céréales contenant jusqu'à 30% de sucre ajouté, selon un rapport de l'INC.
Or, le rapport de l'INC ne conclut pas à une manipulation. Il souligne des limites méthodologiques et propose des ajustements, jamais appliqués. La version virale omet les nuances et tronque les citations. L'étude originale date de 2021, mais les réseaux sociaux la présentent comme une révélation récente.
Sur les 87 produits testés par l'INC, 12 seulement bénéficiaient d'une note surévaluée. Aucun n'était issu de Danone ou Nestlé. L'ANSES, qui supervise le Nutri-Score, n'a jamais reçu de plainte formelle pour lobbying.
Ce matin, la DGCCRF a publié un communiqué rappelant que le Nutri-Score reste un outil d'information, pas une certification sanitaire. Bruxelles n'a toujours pas rendu son avis sur une harmonisation européenne.
— Sylvie Delachaux
Sources : INC (rapport 2021), ANSSES, DGCCRF, Cour des comptes européenne



