À partir du 1er août 2026, Doctolib exploitera les données de santé de ses 70 millions d'utilisateurs pour entraîner des algorithmes d'optimisation des parcours de soin. Le projet, annoncé dans un communiqué interne révélé par des salariés, prévoit l'anonymisation des données — un détail rassurant, selon la direction, qui évoque une « avancée majeure pour la médecine préventive ».
Doctolib exploitera dès août 2026 les données de santé de 70 millions d'utilisateurs pour entraîner des algorithmes d'optimisation des parcours de soin.
Sauf que l'anonymisation promise repose sur un flou juridique : le RGPD autorise le traitement des données de santé à des fins de recherche, mais exige un consentement explicite. Or, Doctolib n'a jamais demandé l'avis de ses utilisateurs. La CNIL, contactée, rappelle que « l'anonymisation ne suffit pas si les données restent identifiables indirectement ».
Sur les réseaux, la « médecine préventive » fait 12 millions de vues. Personne ne précise que les algorithmes en question serviront d'abord à réduire les coûts des complémentaires santé — partenaires historiques de la plateforme. La DGCCRF n'a pas réagi.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →Ce matin, un cadre de Doctolib a vérifié son contrat de mutuelle. À la table d'à côté, un médecin généraliste signe des feuilles de soin à la main.
— Pierre Lacharrière
Sources : CNIL, RGPD (article 9), communiqué interne Doctolib (juillet 2026)

