Un outil en ligne permet désormais de bloquer en un clic des milliers de comptes jugés « indésirables ». Dernière victime en date : un profil anti-extrême droite, fort de plusieurs millions de vues mensuelles, qui s’est retrouvé noyé sous une vague de signalements coordonnés. Le site, présenté comme une arme de visibilité massive, serait utilisé par des groupes identitaires pour faire taire leurs opposants.
Ce compte, suivi par des centaines de milliers d’abonnés, a été ajouté à une liste noire partagée entre militants.
Or, détail gênant : aucune preuve ne confirme que cette liste soit utilisée à grande échelle. Les signalements documentés concernent surtout des dynamiques de récupération politique, où des comptes d’extrême droite amplifient des blocages individuels. En 2025, des mobilisations lycéennes avaient déjà été instrumentalisées par des comptes étrangers, selon France 24, mais sans preuve d’une coordination centralisée.
La mécanique est d’une simplicité administrative : on prend un outil de modération, on y greffe une théorie du complot, et on laisse les algorithmes transformer une pratique marginale en menace systémique. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si le compte en question a effectivement été bloqué. Comme si, en 2026, il suffisait d’un clic et d’un peu d’audace pour réécrire les règles de la liberté d’expression. Les vérifications existent. Personne ne les a lues.
— Sylvie Delachaux
Sources : Twitter : des comptes considérés comme de gauche et signalant les manquements du réseau social bloqués ; Social. "Bloquons tout !" : qui se cache derrière le collectif qui veut paralyser la France dès le 10 septembre ? ; Les blocus lycéens en France instrumentalisés par des comptes d’extrême droite étrangers



