Un avion de ligne russe vient d’être immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Moscou-Cheremetievo. À son bord, des passagers en provenance de Sibérie, où une laborantine aurait succombé à la peste pulmonaire. Les autorités sanitaires russes ont immédiatement ordonné des contrôles de température systématiques pour tous les vols intérieurs et internationaux. Une mesure d’urgence, justifiée par la crainte d’une propagation rapide du bacille de Yersin.
Des thermomètres infrarouges scannent chaque front, tandis que les passagers sont priés de garder leur masque pendant toute la durée du vol.
Le détail qui cloche ? Ces images ne montrent pas un vol en provenance de Sibérie, mais un appareil en provenance de Bangkok. Les contrôles de température, filmés par des passagers et partagés massivement sur les réseaux sociaux, étaient en réalité liés à la recrudescence des cas de Covid-19 en Thaïlande. Une simple vérification de TF1 Info confirme que la vidéo, devenue virale, a été détournée de son contexte initial.
La mécanique est d’une simplicité administrative : on prend une mesure sanitaire réelle, on y superpose une épidémie plus effrayante, et on laisse les algorithmes faire le reste. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si le vol en question desservait bien la Sibérie ou Bangkok. Les faits, eux, sont moins spectaculaires : un contrôle de routine, une vidéo sortie de son contexte, et une rumeur qui voyage plus vite que les démentis. Comme si, en 2026, il suffisait d’un thermomètre et d’un masque pour transformer une mesure de précaution en preuve d’une épidémie mortelle.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →TF1 Info a publié une vérification. Personne ne l’a lue.
— Sylvie Delachaux
Sources : VÉRIF'- Soupçons de peste en Russie : des contrôles de température sont-ils organisés dans les avions ? | TF1 Info



