Depuis hier, le robinet est à sec. Priorité absolue : les champs. La nouvelle loi d’urgence agricole, votée dans l’indifférence générale, a inversé les hiérarchies du Code de l’environnement. Désormais, l’eau potable et les hôpitaux attendront que les betteraves aient bu. Les préfets ont reçu consigne de couper les canalisations urbaines dès que le débit des nappes phréatiques descend sous 30 %. Les maires ruraux applaudissent.
Les préfets ont reçu consigne de couper les canalisations urbaines dès que le débit des nappes phréatiques descend sous 30 % pour prioriser l’irrigation agricole.
Sauf que le Code de l’environnement n’a pas bougé. L’article L211-1 maintient la primauté de l’eau potable et de la santé sur les usages agricoles. La loi d’urgence se contente d’accélérer les procédures de forage — sans toucher aux priorités. La rumeur vient d’un amendement mal lu, partagé 80 000 fois par des comptes qui confondent « urgence » et « privilège ».

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Découvrir →Personne n’a vérifié. Personne ne lit les textes. On préfère croire que l’État sacrifie les villes pour sauver les tracteurs. La sécheresse est réelle, mais les faits, eux, sont arrosés de mauvaise foi.
Ce matin, à l’Assemblée, un député a brandi un seau vide. Dans le hall, un huissier a rempli le sien au robinet.
— René Lefèvre
Sources : Code de l’environnement (art. L211-1), Journal officiel de la République française, ARCEP (données de viralité)



