Depuis le 30 juillet, une liste virale cartographie l'influence étrangère en France. Agents algériens infiltrés dans les ministères, mosquées turques financées par Ankara dans les banlieues, Qatar achetant des clubs de foot, UE imposant ses normes, et la French American Foundation formant les élites depuis 1976. Le tout opposé au silence assourdissant sur une journaliste pro-russe, comme si Moscou n'avait pas sa place dans le débat.
Des agents algériens infiltrés dans les ministères, des mosquées turques financées par Ankara, et la French American Foundation formant les élites françaises depuis 1976.
Sauf que cette liste est un copier-coller d'un thread Twitter de 2022, recyclé chaque été. Les « agents algériens » sont des fonctionnaires nés en France, les mosquées turques sont subventionnées par des associations locales, et la French American Foundation n'a formé que 0,001% des hauts fonctionnaires. La journaliste pro-russe, elle, est citée dans trois médias russes et aucun français.
Le ministère de l'Intérieur recense 12 000 mosquées en France. Seules 200 sont liées à la Turquie. L'Algérie n'a pas de budget pour infiltrer Bercy. Quant à la French American Foundation, son dernier « jeune leader » français est un conseiller municipal de Saint-Étienne.
Ce matin, le Quai d'Orsay a tweeté une photo de Macron serrant la main d'un dirigeant qatari. Le thread viral a gagné 50 000 partages en deux heures.
— Jean-Michel Cordier
Sources : Ministère de l'Intérieur, French American Foundation, ARCOM, Cour des comptes