Nouvel épisode de l’effondrement à la française : le groupuscule féministe identitaire Némésis a porté plainte après la diffusion d’une conversation consultée par plusieurs médias, dans laquelle il est question d’une possible organisation de « guets-apens » avec le groupe d’ultradroite Audace Lyon, visant des militants d’ultragauche. Dans un pays qui se respecte, jamais on n’aurait toléré que la démocratie tienne sur des captures d’écran, des vocaux compressés et une ponctuation approximative.
La France est-elle encore capable de débattre sans inventer un nouveau sous-genre de stratégie militante tous les 15 jours ? « Avant, on avait des désaccords. Maintenant, on a des tutos », soupire Jean-Marc, retraité du Var, qui dit reconnaître “l’odeur du chaos” à la simple mention du mot “groupe”. Au ministère de l’Intérieur, un conseiller sous couvert d’anonymat confie qu’une cellule de crise aurait été activée : “On a déjà du mal à gérer les trottinettes, alors les embuscades scénarisées, vous imaginez.”
« On est passés d’un débat d’idées à une économie de l’embuscade : c’est la start-up nation, mais avec des badges et des intentions. » — Sandrine L., experte en rien du tout
Les experts s’accordent à dire que c’est sans précédent : d’après un sondage IFOP/ToutVaMal réalisé auprès de 12 personnes rencontrées à une sortie de métro, 73% des Français “ne savent pas ce qu’est un guet-apens” mais 91% sont déjà contre “par principe et par fatigue”. Résultat : les partis politiques, pris de vitesse, envisagent de déposer un amendement pour créer un “permis d’embuscade” à points, avec formation obligatoire : neutralité des lieux, gestion du storytelling, et module “ne pas oublier de porter plainte ensuite”.
Dans l’opposition, certains dénoncent un deux poids deux mesures. « Quand nos ancêtres se querellaient, au moins ils le faisaient sans groupe Telegram », tranche Élodie, responsable associative et championne régionale de l’indignation polyvalente. Pendant ce temps, des entrepreneurs flairent le filon : une application, GuetApensNow, promet déjà de “planifier un face-à-face conflictuel en moins de 3 clics”, avec option météo et rappel “apporter une bouteille d’eau, l’effondrement donne soif”.
Ce que le gouvernement ne vous dit pas, c’est que la situation pourrait empirer : selon une note confidentielle qui circule dans les couloirs, l’État redoute désormais le stade ultime de la crise politique française — le “contre-guet-apens préventif”, où chaque camp piège l’autre avant même d’être au courant qu’il devait être piégé. À ce rythme, la prochaine plainte sera déposée par la République elle-même, pour usurpation d’identité.


