Une vidéo virale montre Bruxelles déployer un « ministère de la Vérité » chargé de censurer les contenus en ligne. Présentée par une femme identifiée comme la « présidente des services publics européens », elle détaille un plan de restrictions massives, avec suppression des posts jugés « désinformants » et sanctions contre les plateformes récalcitrantes. La séquence, partagée par des comptes influents, cumule déjà 2 millions de vues sur X et TikTok.
Bruxelles déploie un ministère de la Vérité pour censurer les réseaux sociaux, avec suppression des posts jugés désinformants et sanctions contre les plateformes.
Or, la vidéo provient d’une conférence de 2022 organisée par l’ONG *EU DisinfoLab* — un think tank indépendant, pas une institution européenne. La « présidente » est en réalité une consultante en communication, et le terme « ministère de la Vérité » n’apparaît dans aucun texte officiel de l’UE. Le montage a été recadré pour supprimer les mentions de l’ONG et les précisions sur le caractère hypothétique du scénario.
Sur X, les comptes qui ont relayé la vidéo sans vérification comptent plus de 500 000 abonnés. Aucun n’a publié de correctif. Le règlement européen sur les services numériques (DSA), lui, ne prévoit ni « ministère », ni censure automatique — juste des obligations de modération pour les géants du web.
Ce matin, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, a tweeté une photo de son petit-déjeuner. La légende : « Café noir, pain grillé, et zéro ministère de la Vérité. »
— Géraldine Petit
Sources : EU DisinfoLab (conférence 2022), Règlement (UE) 2022/2065 (DSA), captures d’écran X/TikTok (archives Wayback Machine)



