Depuis l'été 2026, les feux de forêt ravagent le sud de la France avec une régularité de métronome. Les images de pins calcinés et de villages évacués inondent les écrans. Officiellement, c'est la sécheresse, le réchauffement, le manque d'entretien. Officieusement, une rumeur tenace affirme que ces incendies sont allumés de main d'homme : par des militants écologistes en quête de chaos médiatique, ou par l'État lui-même, pour justifier de nouvelles taxes et restrictions.
Les feux de forêt de 2026 seraient allumés de main d'homme : militants écologistes ou État, pour justifier taxes et restrictions.
Or, les pompiers de Gironde et des Bouches-du-Rhône n'ont relevé aucune trace d'incendie criminel organisé. Les départs de feu sont systématiquement attribués à des causes naturelles ou à des négligences humaines isolées. La rumeur, elle, provient de comptes anonymes sur X, amplifiée par des algorithmes qui privilégient l'émotion à la vérification.
On y parle de « stratégie du choc », de « prétexte climatique ». Comme si la peur devait toujours servir un dessein. Comme si la nature, elle-même, ne suffisait plus à effrayer.
Ce soir, à Marseille, un fonctionnaire du ministère de la Transition écologique range ses dossiers. Dans le reflet de la vitre, les flammes dansent encore.
— René Lefèvre
Sources : Ministère de l'Intérieur, SDIS 13 et 33, ARCOM



