Depuis trois étés, la Gironde brûle. 20 000 hectares partis en fumée en 2022, 14 000 en 2023, et déjà 8 000 cette année. Les réseaux sociaux ont trouvé le coupable : l'État. Des comptes vérifiés affirment que les feux seraient allumés volontairement pour déclasser les terres et y installer des fermes de panneaux solaires ou des data centers géants. Certains accusent même les écologistes d'avoir interdit le débroussaillage pour accélérer la désertification.
En Gironde, les incendies seraient allumés volontairement pour déclasser 20 000 hectares de terres et y construire des data centers.
Sauf que les data centers consomment de l'eau et de l'électricité, pas des cendres. La préfecture de Gironde confirme que les départs de feu sont majoritairement d'origine humaine — mais accidentelle (barbecues, mégots, travaux agricoles). Quant au débroussaillage, il est obligatoire depuis 2023, et les amendes pour non-respect ont triplé. Les écologistes n'ont rien interdit : c'est la sécheresse qui a tout asséché.
Sur X, la théorie du complot a généré 12 millions de vues. Aucune preuve, juste des captures d'écran de permis de construire accordés après les incendies — comme si un promoteur attendait les cendres pour déposer son dossier. La DGCCRF n'a relevé aucune fraude foncière liée aux feux.
Ce matin, un élu local a tweeté : « On a retrouvé des allumettes près d'un data center en construction. » Le data center en question n'existe pas.
— Pierre Lacharrière
Sources : Préfecture de Gironde, DGCCRF, INSEE, rapport Sénat 2023 sur les feux de forêt



