La France vient de franchir une nouvelle étape historique dans sa passion nationale pour les sujets qui donnent envie de baisser le son : les députés ont voté, ce mercredi en deuxième lecture, en faveur de la proposition de loi sur la fin de vie, créant un droit à l’aide à mourir. Le texte repart désormais au Sénat, qui pourrait le rejeter avant une commission mixte, puis un ultime scrutin à l’Assemblée. Une chorégraphie institutionnelle d’une légèreté rare, entre émotion intime et ping-pong procédural.
Dans un pays qui se respecte, on réglerait ce genre de question avec de la dignité, du silence et un regard vers l’horizon. Mais ici, tout doit passer par des amendements déposés à 3h17, des sous-amendements déposés à 3h18, et des “rappels au règlement” déposés depuis 1958. « On a voulu faire simple, confie Jean-Philippe, assistant parlementaire en burn-out fonctionnel. Résultat : on est sur un formulaire de 42 pages, dont 11 consacrées à cocher si vous préférez mourir un jour pair ou impair. »
« La dignité, oui. Mais pas sans un accusé de réception tamponné. » — Mireille, sénatrice en mission de prudence éternelle
Les experts s’accordent à dire que le pays n’était pas prêt. D’après un sondage Toluna-Ifop-Grand-Monoprix réalisé à la sortie d’une pharmacie, 73% des Français estiment que “c’est une avancée”, 22% répondent “ça dépend si on garde les tickets resto” et 118% demandent surtout “un guichet unique”. Dans la foulée, plusieurs mairies envisagent déjà d’ouvrir un “Service municipal de la fin de vie” entre l’état civil et la salle des mariages, histoire de fluidifier le parcours citoyen du berceau au dossier cartonné.
À l’Assemblée, l’ambiance se voulait grave, mais la mécanique politique a fait son œuvre : certains députés proposent un “droit à l’aide à mourir” assorti d’un “droit à l’aide à patienter”, pour ceux dont le dossier serait renvoyé au Sénat, puis au Conseil d’État, puis à “l’avis consultatif d’un cousin infirmier”. « Ce que le gouvernement ne vous dit pas, c’est qu’on prépare une appli, déclare Sandrine, consultante en innovations publiques et en phrases vagues. Elle s’appellera FINiVie et elle plantera au moment du consentement, par souci de cohérence avec le numérique français. »
Dernier rebondissement : selon une source haut placée sous couvert d’anonymat et de peur du Sénat, la commission mixte députés-sénateurs pourrait finalement trancher en proposant une solution de compromis typiquement nationale : un droit à l’aide à mourir, mais uniquement sur rendez-vous, entre 9h et 11h30, hors jours fériés, avec une pièce d’identité, un justificatif de domicile, et la promesse solennelle de ne surtout pas “faire de vagues”. La France avance. Très lentement. Mais elle avance vers quelque chose.


