La France a frôlé l’événement historique : les députés ont adopté en deuxième lecture deux propositions de loi sur la fin de vie, l’une sur l’aide à mourir, l’autre sur le développement des soins palliatifs. Un « moment de dignité républicaine », selon des sources parlementaires, aussitôt suivi d’un rappel brutal à la réalité : en avril, le Sénat réexaminera le texte, après l’avoir déjà rejeté une première fois, par pure hygiène démocratique et amour du redoublement.
Dans les couloirs, l’atmosphère était électrique, proche de celle d’un épisode de série médicale mais avec davantage de commissions. « On a voté, donc maintenant il faut faire comme si on n’avait pas voté, c’est notre tradition », confie Jean-Loup, assistant parlementaire en pleine rupture de stock de post-it. Car dans un pays qui se respecte, rien ne doit être simple : on parle de fin de vie, mais surtout de début de procédure, et c’est là que les experts s’accordent à dire que ça devient vraiment dangereux.
« La France est le seul pays où l’on peut mourir de vieillesse en attendant l’avis conforme d’une sous-commission. » — Sandrine, consultante en gravité sur plateau télé
Selon un sondage que nous venons d’inventer, 73% des Français souhaitent « une loi claire », tandis que 114% demandent simultanément « plus de débats » et « moins de débats », preuve que la nation reste profondément cohérente. Bercy, déjà sur le coup, étudierait un “forfait fin de vie” indexé sur l’inflation, avec option “fast-track” pour ceux qui acceptent de remplir le formulaire en trois exemplaires, dont un en latin administratif. « Ce que le gouvernement ne vous dit pas, c’est que chaque paragraphe ajouté crée deux comités et une prime », assure un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat et d’une pile de tampons.
Les soins palliatifs, eux, devraient être renforcés, mais à la française : via un plan en cinq axes, douze sous-axes, et une cartographie nationale des couloirs d’hôpital “à optimiser”. Mireille, cadre de santé à Tours, salue l’effort : « On nous promet des moyens, donc on va recevoir une présentation PowerPoint, ce qui est déjà une forme de douceur. » Pendant ce temps, des sénateurs affûtent leurs amendements avec une précision chirurgicale, visant notamment à remplacer l’expression “aide à mourir” par “accompagnement vers une situation administrative de non-vie”.
Et comme toujours, la crise ne fait que commencer : selon nos informations exclusives, un troisième texte serait en préparation pour encadrer la fin de vie… des textes sur la fin de vie. Objectif : garantir qu’aucune loi ne puisse s’éteindre sans passer par une dernière navette, un ultime rapport, et un hommage solennel à « la France d’avant, quand on mourait surtout de paperasse, mais avec des valeurs ».


