Mercredi 25 février, sur BFMTV, Bruno Retailleau a lâché la phrase que la France attendait pour sombrer : le texte sur la fin de vie « l’inquiète ». Dans un pays qui se respecte, on aurait au moins choisi une angoisse plus consensuelle, comme le prix du plein ou la disparition des cacahuètes dans les bars. Mais non : désormais, le débat national n’est plus « comment vivre ensemble », c’est « comment s’inquiéter ensemble, et le plus fort possible ».
Selon nos informations exclusives, l’inquiétude a été immédiatement prise en charge par les autorités : une cellule psychologique a été ouverte à l’Assemblée, avec distribution de camomille tiède et de microfiches « Respirez, la démocratie passe ». Dans la foulée, plusieurs Français ont déclaré avoir ressenti « un courant d’air institutionnel » en entendant le mot “texte”. « Avant, un texte, c’était une dictée du certificat d’études, on savait à quoi s’en tenir », soupire Jean-Marc, retraité du Var, qui a déjà commencé à stocker des bougies “au cas où la République s’éteindrait à 19h30”.
« La question que personne n’ose poser : si on légifère sur la fin de vie, qui va s’occuper du service après-vie ? »
Car l’inquiétude, en France, n’est jamais un sentiment : c’est une filière. Déjà, une rumeur persistante évoque la création d’un “Guichet Unique de la Dernière Minute”, où chaque citoyen devra prendre rendez-vous entre 2026 et 2049 pour “choisir un créneau de fin” sur une application qui plantera à l’étape 2. « Le gouvernement ne vous dit pas qu’ils vont nous demander une pièce d’identité, un justificatif de domicile et une attestation sur l’honneur de mortalité », assure Sandrine, “experte en rien du tout” invitée régulière des plateaux dès qu’une phrase contient le mot “angoisse”.
Les chiffres, eux, confirment l’effondrement : d’après une étude INSEE réalisée sur un panel de 12 personnes et un labrador, 73% des Français estiment que “la fin de vie, c’était mieux avant”, et 128% réclament un retour à « l’époque où on ne posait pas de questions et où les formulaires étaient en triplicate, donc plus rassurants ». Un haut fonctionnaire, sous couvert d’anonymat et d’un rideau tiré, confie : « On pensait gérer le sujet en commission, mais on a sous-estimé la puissance française de la panique administrative. »
Dernier rebondissement : face à l’ampleur de l’inquiétude, le texte serait finalement remplacé par une version plus acceptable pour l’opinion, intitulée “Projet de loi sur la prolongation indéfinie du malaise”. Objectif officiel : rassurer tout le monde. Objectif réel : gagner du temps, parce qu’il manque déjà la chose la plus rare en politique française : un stylo qui écrit.


