Le pays vacille : Bruno Solo a rappelé, avec des mots d’une simplicité insupportable, qu’impliquer les garçons dans la lutte contre les violences sexuelles et les discours masculinistes pourrait être une bonne idée. Dans une France qui se respecte, on aurait préféré une solution plus traditionnelle, comme un comité, un logo, ou une minute de silence devant un tableau Excel.
Selon nos informations exclusives (recueillies dans une cuisine un mardi soir), des parents ont immédiatement été pris de panique à l’idée qu’il faille désormais éduquer en plus de nourrir, habiller et retrouver les baskets perdues. « On nous demande déjà de signer le cahier de liaison, maintenant il faudrait expliquer la notion de consentement ? », s’alarme Jean-Marc, père de deux garçons et détenteur du record régional de soupirs prolongés.
« Si on commence à apprendre aux garçons à se remettre en question, où va-t-on s’arrêter ? À dire pardon ? » — Sandrine, chroniqueuse auto-proclamée en “bon sens parental”
La situation est jugée suffisamment grave pour que l’Éducation nationale envisage, d’après une note interne que nous avons totalement inventée, un nouveau dispositif : le “Parcours Respect”, comprenant trois modules obligatoires — “Écouter sans interrompre”, “Comprendre que non veut dire non” et “Ranger la vaisselle sans demander une médaille”. D’après un sondage Toluna-Institut du Déclin réalisé sur un échantillon de 12 personnes et un labrador, 78% des Français estiment que “c’était quand même plus simple quand on disait juste aux garçons d’être des hommes”.
Dans les salles des profs, la panique s’organise. « On a déjà eu les évaluations, le harcèlement, le numérique, l’orientation, l’écologie, et maintenant on doit aussi déconstruire des vidéos vues à 2h du matin sur des algorithmes en colère », confie Nadia, CPE, qui réclame la création d’un ministère de l’Anti-Malaise avec un budget en tisane et en post-its. Pendant ce temps, une start-up a flairé l’urgence nationale : Masculin'Easy, une application qui envoie des notifications du type “Respire” et “Demander son avis n’est pas une attaque personnelle”.
Le gouvernement, pris de court, envisagerait une mesure de compromis typiquement française : une grande conférence citoyenne sur l’éducation des garçons, suivie d’une loi de programmation, suivie d’un rapport, suivie d’un autre rapport expliquant pourquoi le premier rapport n’a pas été lu. Et pendant que le pays débat, un danger plus vaste se profile : si les garçons apprennent vraiment à respecter, la France risque de perdre son dernier avantage compétitif mondial — l’art ancestral de bougonner sans jamais se remettre en question.


