Depuis lundi, les caméras de l’EBU évitent soigneusement les lignes droites. Pas un plan serré sur les starting-blocks, pas un travelling sur les courbes des cuisses. Les fesses des athlètes féminines ont disparu du cadre, remplacées par des contre-plongées sur les gradins ou des inserts sur les chronomètres. Une censure en direct, justifiée par un communiqué sobre : « Respect des valeurs européennes ».
Les caméras de l’EBU évitent désormais les fesses des sprinteuses, remplacées par des contre-plongées sur les gradins ou des inserts sur les chronomètres.
Or, l’Union européenne de radio-télévision n’a jamais émis de directive sur les angles de prise de vue. La vidéo virale montre en réalité un plan de coupe technique, utilisé depuis 2018 pour masquer les publicités non autorisées sur les maillots. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, n’a aucun pouvoir sur les directs de l’EBU, basée à Genève.
Sur X, 120 000 partages réclament le retour des « vraies images ». Personne ne précise que les « vraies images » incluent aussi les sponsors, les logos, et les 14 secondes de pub avant chaque replay. La pudeur, elle, reste sélective.
Ce soir, dans les studios de Genève, un monteur supprime méthodiquement les fesses d’une sprinteuse jamaïcaine. À Paris, Delphine Ernotte signe un chèque pour un documentaire sur la liberté de la presse.
— René Lefèvre
Sources : Règlement technique EBU (2023), charte des droits audiovisuels UE, archives France Télévisions



