La France s’est réveillée avec une ride de plus et un repère de moins : Henri Content, doyen des Français depuis le 23 janvier, est décédé à 110 ans dans l’Allier. À peine nommé, déjà parti, après avoir pris le relais de Maurice Le Coutour, précédent doyen décédé dans la Manche. Une transition expéditive qui, selon nos informations exclusives, « fragilise l’ensemble du pacte républicain de la longévité ».
Car dans un pays qui se respecte, on ne change pas de doyen comme on change de mot de passe Ameli. « À mon époque, un doyen, ça tenait au moins deux saisons complètes, avec un best-of à Noël », s’indigne Jean-Marc, retraité du Var, qui refuse désormais de souffler ses bougies « tant que l’État ne garantit pas un adulte de référence au sommet de la pyramide des âges ».
« On a perdu notre dernier pare-feu contre les réunions qui commencent par “de toute façon, les jeunes…” »
Au ministère des Âges Respectables, l’inquiétude est palpable. Une haute responsable, épuisée mais digne, confirme sous couvert d’anonymat : « On a perdu notre dernier pare-feu contre les réunions qui commencent par “de toute façon, les jeunes…”. » Dans les couloirs, certains évoquent déjà l’activation du plan Vigie-Canne, prévoyant la mise sous cloche des clubs de belote et la distribution d’archives de l’INA en cas de panique généralisée.
D’après une étude très sérieuse de l’INSEE (Institut National des Souvenirs Enfouis et des Soupirs Émus), 87% des Français pensent que le pays vieillit « trop vite » depuis qu’il faut scanner un QR code pour accéder à une chaise. Pire : un sondage réalisé à la sortie d’une pharmacie révèle que 62% des personnes interrogées confondent désormais « doyen » et « dossier » — symptôme, selon les experts, d’une nation qui ne sait plus où ranger ses anciens.
En attendant la nomination du prochain doyen, les services publics ont mis en place une solution d’urgence : un hologramme de grand-père universel, programmé pour dire « c’était quand même autre chose » toutes les 14 minutes. Problème : l’hologramme a déjà demandé la retraite à 16h30 et refuse de s’allumer le dimanche. La France est-elle encore capable de vieillir avec dignité, ou va-t-elle externaliser ses doyens à des pays plus stables, comme la Suisse, l’Auvergne, ou le passé lui-même ?


