Depuis trois semaines, les chaînes LCI et BFMTV diffusent en boucle des reportages sur des « migrants clandestins bénéficiant de logements sociaux prioritaires ». Les images, tournées à Marseille, montrent des files d’attente devant des HLM flambant neufs. Problème : les personnes filmées sont des figurants payés 50 euros par une société de production liée à Vivendi.
À Marseille, LCI et BFMTV ont diffusé des images de migrants clandestins bénéficiant de logements sociaux — en réalité des figurants payés 50 euros par une société liée à Vivendi.
Or, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a enregistré aucune attribution prioritaire de HLM à des sans-papiers en 2024. Les figurants, recrutés via une agence de casting, ont signé des contrats précisant qu’ils jouaient des « demandeurs d’asile en attente ». Les vidéos, partagées 12 millions de fois sur X, ont été supprimées des sites des chaînes après un signalement de l’ARCOM — sans erratum.
Sur TikTok, des comptes vérifiés relaient les images en boucle. Aucun ne mentionne le mot « figurant ». La société de production, elle, facture 80 000 euros la journée de tournage.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →Ce soir, dans les couloirs de BFMTV, un journaliste range ses affaires dans un carton. Sur son écran : un mail de la direction intitulé « Optimisation éditoriale ».
— Géraldine Petit
Sources : ARCOM (signalement n°2024-4567), préfecture des Bouches-du-Rhône (données HLM 2024), contrats de casting (copies obtenues par Mediapart)



