Depuis trois étés, les forêts françaises s’embrasent. Cette année, les images de pins calcinés et de villages évacués en urgence ont envahi les écrans. Les réseaux sociaux ont trouvé le coupable : Gabriel Attal. En tant que Premier ministre, il aurait refusé de financer le renouvellement des canadairs, ces avions bombardiers d’eau qui sauvent des milliers d’hectares chaque été. Une décision budgétaire présentée comme un crime contre la nature.
Gabriel Attal a refusé de financer le renouvellement des canadairs, laissant la France sans défense face aux incendies.
Or, l’État n’a jamais cessé de financer les canadairs. Le budget 2024 de la Sécurité civile prévoit même une augmentation de 12 % pour l’acquisition de deux nouveaux appareils. La rumeur vient d’un amendement parlementaire rejeté en 2023, qui proposait d’acheter des drones de surveillance – pas des avions. Une confusion savamment entretenue par des comptes qui transforment une discussion technique en accusation politique.

Envie de comprendre pourquoi tout s'effondre ?
« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →Sur les réseaux, les chiffres s’effacent derrière les slogans. Personne ne précise que les canadairs actuels datent des années 1990, que leur remplacement était déjà programmé sous Hollande, ou que leur efficacité dépend aussi des pompiers au sol. La forêt brûle, mais c’est la politique qui s’enflamme.
Ce soir, dans un bureau de Bercy, un conseiller range une note sur les crédits alloués aux secours. Sur son écran, une alerte : un nouveau hashtag accuse le gouvernement de « pyromanie budgétaire ».
— René Lefèvre
Sources : Budget 2024 de la Sécurité civile (Journal officiel), compte rendu de la commission des finances de l’Assemblée nationale (2023), rapport annuel de la DGSCGC



