La France est entrée en guerre civile. C’est officiel, selon Alex Jones, qui a diffusé sur X des images de lycéens en blocus transformées en scènes de guérilla urbaine. Les barricades, les cris, les visages masqués : tout y est. Les comptes d’extrême droite étrangers s’emparent du récit, affirmant que le pays bascule dans le chaos, bien au-delà des émeutes de 2005 ou de la Révolution française. Les images, partagées près de 1500 fois, montrent des affrontements violents, des bâtiments incendiés et des foules en colère. La preuve, selon eux, que la France est devenue un champ de bataille où l’ordre républicain ne tient plus qu’à un fil.
Les lycées français ressemblent à des zones de guerre, avec des scènes de violence dignes des pires conflits du XXe siècle.
Le détail qui cloche ? Ces images ne viennent ni de Paris en 2026, ni d’une révolte anti-immigration. Elles proviennent de manifestations lycéennes bien réelles, mais dont le contexte a été soigneusement effacé. Les blocus, documentés depuis fin septembre, portent sur les conditions scolaires : effectifs surchargés, manque d’enseignants, bâtiments vétustes. Rien qui ressemble, même de loin, à une guerre civile. France 24 a vérifié : les vidéos recyclées datent parfois de plusieurs années, et les récits d’affrontements ethniques sont des inventions pures et simples.
La mécanique est d’une simplicité déconcertante : on prend des archives de manifestations, on les saupoudre de discours alarmistes, et on laisse les algorithmes faire le reste. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si les « scènes de guerre » en question datent d’hier ou d’il y a cinq ans. Les faits, eux, sont moins spectaculaires : des lycées bloqués, des revendications légitimes, et une rumeur qui voyage plus vite que les démentis. Comme si, en 2026, il suffisait de changer le décor pour transformer une mobilisation étudiante en effondrement national. Les vérifications existent. Personne ne les a lues.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →— René Lefèvre
Sources : Les blocus lycéens en France instrumentalisés par des comptes d’extrême droite étrangers ; Far-right figures fuel Islamophobic claims with false student protest videos



