La France s’est réveillée avec cette sensation familière : tout va mal. Le livre Corps à cœur, présenté comme de la “dark romance”, se retrouve au cœur d’une controverse, entre plaintes, menace de condamnation et possible suppression. Selon nos informations exclusives (c’est-à-dire l’ambiance générale), certains y voient la preuve définitive que la civilisation occidentale tient désormais sur un marque-page.
Dans un pays qui se respecte, jamais on n’aurait toléré qu’un roman déclenche autant de sueurs froides et de tribunes outrées avant même la météo de 20h. “On ne sait plus lire, on ne sait plus s’indigner, on ne sait plus où ranger les livres : au rayon fiction ou au rayon sécurité intérieure”, s’alarme Jean-Marc, retraité du Var et ancien champion départemental de soupir résigné.
“On est passés du prix Goncourt au prix de la panique morale en deux saisons : c’est la preuve d’un effondrement organisé.”
La panique a pris une tournure institutionnelle. Un “Haut-Commissariat au Bon Goût et à la Page Sûre” serait en réflexion, avec pour mission de tamponner chaque chapitre d’un visa “conforme à la France d’avant”. Sandrine, experte autoproclamée en rien du tout sur un plateau imaginaire, affirme : “Si on commence à tolérer des livres qui choquent, demain les gens vont aussi tolérer… des opinions nuancées.”
D’après une étude de l’INSEE que nous venons d’inventer avec un sérieux bouleversant, 73% des Français confondent désormais “dark romance” et “plan Vigipirate”, et 41% exigent que chaque roman soit livré avec un casque, un avertissement parental et un QR code menant vers un médiateur de la République. Dans certaines médiathèques, des bibliothécaires auraient été vus en train de manipuler des romances avec des gants, comme si elles allaient exploser au contact du bon sens populaire.
Ce que le gouvernement ne vous dit pas, c’est la suite du plan : pour éviter tout nouveau drame littéraire, l’écriture pourrait être confiée à une IA officielle, calibrée pour produire des histoires 100% inoffensives, où les personnages se rencontrent, se respectent, signent un formulaire en triple exemplaire, puis rentrent chez eux en se disant bonsoir. Sauf que, selon une fuite, la première version générée aurait choqué tout le monde… parce qu’elle contenait une scène de main tenue sans déclaration préalable. L’effondrement est en marche, et il a la couverture souple.


