Depuis hier soir, les rédactions parisiennes reçoivent le même mail estampillé Élysée : « Priorité absolue à la pédagogie européenne, pas de place pour les sondages dans le débat public. » Des captures d’écran de groupes Telegram internes à BFM et CNews circulent, montrant des consignes claires : « Pas un mot sur les intentions de vote avant le 9 juin, sous peine de sanctions. » Un journaliste de L’Express aurait même été convoqué après avoir tweeté un chiffre non sourcé.
Les rédactions parisiennes reçoivent depuis hier un mail de l’Élysée interdisant toute mention des sondages avant les européennes.
Sauf que l’Élysée n’a jamais envoyé de consigne écrite aux médias. Le mail viral provient d’un faux compte parodique (@ElyseeComFr) créé en 2022, et les captures Telegram sont des montages réalisés avec l’outil Canva. La loi française n’autorise d’ailleurs aucune autorité à censurer les sondages, protégés par la liberté de la presse (article 11 de la Déclaration des droits de l’homme).
Sur X, les posts « révélations » cumulent 2 millions de vues. Aucun média n’a demandé de rectificatif — trop occupés à relayer la rumeur. À Pau, le dernier train pour Paris part à 20h47. Personne ne vérifie les horaires.
— Bernard Pradeau
Sources : Légifrance (article 11 DDHC), ARCOM, compte Twitter @ElyseeComFr (archive Wayback Machine)



