La photo circule depuis hier soir : le palais de l'Élysée, repeint dans un bleu marine profond, presque funéraire. Les réseaux s'enflamment. On parle de « camouflage », de « maquillage », d'une opération à 300 000 euros pour masquer les dégradations laissées par les manifestations. Les commentaires ironisent : « Enfin une couleur qui résiste aux tags. »
Le palais de l'Élysée a été repeint en bleu nuit pour masquer les traces des dernières manifestations, selon une photo virale partagée des milliers de fois.
Or, l'Élysée n'a pas été repeint. La photo est un montage grossier, réalisé à partir d'un cliché de 2019. Aucune trace de travaux récents, aucun appel d'offres publié, aucune facture. La couleur actuelle reste ce beige pâle, hérité de la IIIe République, que personne ne remarque.
Les dégradations, elles, existent. Mais elles sont moins spectaculaires qu'une couche de peinture : des vitres fissurées, des portes éraflées, des caméras hors service. Rien qui ne se répare avec un peu de mastic et beaucoup d'indifférence.
Ce matin, un huissier a sorti un pot de peinture blanche du placard à balais. Il a recouvert un graffiti sur le mur du jardin. Personne n'a applaudi.
— René Lefèvre
Sources : Archives de l'Élysée, Journal officiel des marchés publics, AFP



