Depuis janvier, les fuites de données se multiplient : 3,2 millions de numéros de sécurité sociale en mars, 1,8 million de dossiers fiscaux en avril. Coïncidence ? Le gouvernement prépare une identification biométrique obligatoire pour tous les services publics. Officiellement, c'est pour lutter contre la fraude. Officieusement, les données seraient revendues à des courtiers américains, selon des documents internes partagés sur X.
3,2 millions de numéros de sécurité sociale fuient en mars. Le gouvernement prépare une identification biométrique obligatoire pour tous les services publics.
Sauf que les fuites proviennent de sous-traitants privés, pas de l'État. La CNIL a identifié six entreprises responsables, dont deux basées en Roumanie. Quant à l'identification biométrique, elle est déjà utilisée par la CAF depuis 2022 — sans revente de données, mais avec des bugs à répétition (12 000 dossiers bloqués en 2023).

Envie de comprendre pourquoi tout s'effondre ?
« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →Les courtiers américains achètent déjà nos données via des applications mobiles et des cartes de fidélité. L'État, lui, se contente de facturer 120 euros l'heure ses consultants en cybersécurité. La fraude aux prestations sociales ? 3,5 milliards d'euros par an. Le coût des radars automatiques en 2023 ? 4,2 milliards.
À Bercy, un conseiller range ses dossiers. Dans son tiroir : une facture de 800 000 euros pour un audit sur la « souveraineté numérique ».
— Pierre Lacharrière
Sources : CNIL (rapport 2023), Cour des comptes (juin 2024), INSEE (données fiscales)



